Dakar · 28 septembre 2026
Être éthiopien à Dakar : lieux, fêtes et cuisine
Vivre à Dakar quand on vient d'Éthiopie : où retrouver la cuisine, le café et les fêtes du pays, et comment ge'eza réunit Éthiopiens installés à Dakar et Dakarois autour d'une même table.

Être éthiopien à Dakar, c'est vivre loin d'un pays très attaché à sa cuisine, à son café, à ses fêtes et à son calendrier, dans une ville qui a sa propre culture de l'accueil, la teranga. Les points de repère se trouvent surtout dans les lieux qui font vivre ces traditions : une table éthiopienne, une cérémonie du café, une fête partagée. ge'eza, à Point E, en est un exemple, fondé par Maraki Germa Bekele, éthiopienne.
Une présence discrète
Nous ne publions pas de chiffres sur la communauté éthiopienne de Dakar : nous n'en avons pas de fiables, et mieux vaut ne rien avancer que de se tromper. Ce qu'on peut dire, c'est qu'elle est faite de profils variés : diplomates et personnels d'organisations internationales, étudiants, entrepreneurs, familles installées de longue date ou depuis peu, artistes.
Cette présence se manifeste plus dans les moments partagés que dans les statistiques : un déjeuner de dimanche, une fête religieuse, une conversation en amharique autour d'un café.
Ce qui manque le plus, et comment le retrouver
Pour beaucoup de personnes éloignées de leur pays, ce sont d'abord les saveurs et les rituels qui manquent :
- L'injera, ce pain fermenté servi avec des sauces, qui est aussi la manière de manger ensemble ;
- Le café, préparé selon la cérémonie en trois tours, Abol, Tona, Baraka ;
- Les plats de fête, comme le doro wot ;
- Les repères du calendrier, avec ses propres fêtes et sa propre date de Nouvel An, expliqués dans notre article sur le calendrier éthiopien.
Retrouver ces éléments à Dakar n'est pas toujours simple. C'est ce qui donne du prix aux lieux qui les proposent.
Les fêtes, temps forts de la communauté
Les fêtes suivent le calendrier éthiopien : Enkutatash (Nouvel An), Meskel le 27 septembre, Genna le 7 janvier, Timkat le 19 janvier. Elles se vivent en famille, à l'église et à table. À Dakar, on les marque en petit comité. Nous les présentons dans nos articles sur Meskel et sur Genna et Timkat.
Et les liens avec le Sénégal
Les deux pays ont une histoire commune, évoquée dans notre article sur les liens historiques entre l'Éthiopie et le Sénégal. Au quotidien, ces liens se lisent dans la table : un plat éthiopien à côté d'un thiéboudienne, un café éthiopien après un attaya. Chaque cuisine a sa générosité, et les deux se répondent.
Ce que ge'eza propose
ge'eza est un restaurant éthiopien, une galerie d'art, un concept store et un lieu d'événements, dans une villa avec jardin et terrasse au 656 avenue Birago Diop, à Point E. Le petit-déjeuner éthiopien (foul, chechebsa, genfo, enqulal tibs) se sert de 8h à 11h. Le reste de la journée, la carte propose des plats de jeûne vegans, du doro wot, des tibs, du tej et du birz. Du mardi au vendredi, un plat sénégalais du jour fait le lien avec la cuisine locale.
La cérémonie du café, d'environ 45 minutes, se réserve à l'avance. La galerie expose des artistes d'Afrique de l'Est et de l'Ouest, et la villa accueille vernissages, brunchs, ateliers et soirées. L'idée : que le lieu serve à la fois de repère pour ceux qui viennent d'Éthiopie et de porte d'entrée pour ceux qui la découvrent.
Pour les Dakarois curieux
On n'a pas besoin d'être éthiopien pour s'y sentir accueilli. Le plus simple est de commencer par un beyaynetu, l'assiette de sept plats de jeûne vegans, pour 1, 2 ou 3 personnes, et de finir par un café. Notre article sur la cérémonie du café comme langage d'hospitalité explique ce rituel.
La maison est ouverte du mardi au dimanche, de 8h à 22h, et fermée le lundi. Téléphone et WhatsApp : +221 78 660 07 07. Vous pouvez aussi réserver en ligne ou lire la page à propos.
Se retrouver : quelques repères pratiques
Pour un nouvel arrivant éthiopien, les premières semaines sont souvent consacrées à trouver ses marques : quartier, école, marché, et un endroit où l'on parle sa langue. Quelques conseils généraux, valables dans toute ville étrangère :
- Repérer les lieux qui font vivre la culture d'origine : un restaurant, un café, un centre culturel.
- Se rapprocher des fêtes : elles rassemblent plus que n'importe quelle annonce.
- Partager la cuisine : inviter des voisins sénégalais à goûter l'injera est un bon début, et la réciproque fonctionne aussi avec un thiéboudienne ou un mafé.
- Apprendre la teranga : les codes de salutation et d'accueil sénégalais, très marqués, facilitent l'intégration.
Nous ne publions pas d'annuaire d'associations ou de contacts : nous n'en connaissons pas de liste fiable à citer ici.
Un dimanche à Point E
Point E est un quartier résidentiel du centre de Dakar, calme, où l'on se déplace facilement à pied d'une adresse à l'autre. C'est un cadre agréable pour un long déjeuner en famille : on y vient pour manger, pour voir une exposition, pour prendre le temps d'un café. La villa de ge'eza, avec son jardin et sa terrasse, se prête à ce rythme. On peut y venir en famille, avec des enfants, des amis ou des collègues.
Deux cuisines, deux façons de recevoir
L'hospitalité éthiopienne et la teranga sénégalaise se ressemblent plus qu'on ne l'imagine : on accueille l'invité avant de lui demander ce qu'il veut, on lui offre à manger, on insiste pour qu'il reste. Le gursha, geste éthiopien qui consiste à offrir une bouchée de sa main à un proche, a son équivalent dans le grand plat sénégalais où l'on pousse les meilleurs morceaux vers son voisin. Ces ressemblances aident à créer des ponts, sans effacer les différences.
Questions fréquentes
Y a-t-il une communauté éthiopienne à Dakar ?
Oui, composée de profils variés. Nous ne publions pas de chiffres, faute de données fiables.
Où manger éthiopien à Dakar ?
À ge'eza, à Point E, du mardi au dimanche, de 8h à 22h. Le petit-déjeuner éthiopien est servi de 8h à 11h.
Peut-on organiser une fête éthiopienne à ge'eza ?
La villa se privatise pour des déjeuners, dîners et réceptions. Écrivez à l'équipe avec la date et le format.
Faut-il être éthiopien pour venir ?
Non. Le lieu accueille aussi bien les Éthiopiens installés à Dakar que les Dakarois et les visiteurs de passage.


