Art · 28 septembre 2026
Festival mondial des arts nègres de 1966 : héritage à Dakar
Le Festival mondial des arts nègres de Dakar en 1966 : contexte, portée, héritage pour l'art africain contemporain, et la place de l'Éthiopie dans ce moment panafricain.

Le Festival mondial des arts nègres s'est tenu à Dakar en 1966, à l'initiative du président Léopold Sédar Senghor, avec le soutien de l'UNESCO. Il a réuni artistes, écrivains, musiciens et penseurs d'Afrique et de sa diaspora, et reste un jalon de l'histoire culturelle du continent : il a affirmé que les arts africains méritaient une scène mondiale, et il a laissé à Dakar une réputation de capitale culturelle.
Un festival voulu par Senghor
Le Sénégal est indépendant depuis 1960. Poète et théoricien de la négritude, Senghor souhaite que le pays s'affirme par la culture. Le Festival de 1966 concrétise cette vision : montrer au monde la vitalité des arts africains, et les faire dialoguer avec ceux de la diaspora.
Cette ambition s'inscrit dans le mouvement plus large de l'après-indépendance, évoqué dans notre article sur les liens historiques entre l'Éthiopie et le Sénégal.
Ce que le festival a réuni
Le festival a rassemblé plusieurs disciplines : arts plastiques, littérature, musique, théâtre, danse, cinéma. L'événement a duré plusieurs semaines et a attiré des participants de nombreux pays d'Afrique et d'ailleurs. Nous ne citons ici ni chiffres précis ni listes de participants, faute de pouvoir les vérifier ici ; les publications de l'époque et les travaux d'historiens de l'art détaillent le programme.
La place de l'Éthiopie
L'Éthiopie tient une place symbolique dans le panafricanisme des années 1960 : Addis-Abeba a accueilli la fondation de l'Organisation de l'unité africaine en 1963, trois ans avant le festival de Dakar. Les deux moments appartiennent à la même période d'affirmation africaine. Nous n'avançons pas ici de détails sur la participation éthiopienne au festival, pour ne rien inventer ; notre article sur Addis-Abeba et Dakar replace les deux villes dans ce contexte.
Un héritage pour l'art contemporain
Le festival a eu plusieurs effets durables :
- Il a installé Dakar sur la carte culturelle mondiale, avec une tradition d'événements artistiques.
- Il a légitimé l'art africain comme sujet d'exposition et de discours, avec ses propres critères.
- Il a nourri des institutions, comme le Musée des civilisations noires, ouvert à Dakar bien plus tard mais dans le prolongement de cette histoire.
- Il a inspiré des rendez-vous ultérieurs, dont la Biennale de Dak'Art, présentée dans notre guide de la Biennale.
Cet héritage se lit dans la manière dont Dakar s'expose aujourd'hui : galeries, ateliers, lieux d'art indépendants, expositions dans des villas.
Ce que cela dit de la scène actuelle
Les artistes d'aujourd'hui travaillent dans un monde très différent, mais la question posée en 1966, celle de la place des arts africains dans le monde, reste vivante. Elle prend des formes nouvelles : circulation des œuvres, marché de l'art, dialogue entre régions du continent. Notre article sur le panafricanisme et l'art contemporain prolonge cette réflexion.
Voir de l'art à Dakar aujourd'hui
À Point E, la galerie de ge'eza expose des artistes d'Afrique de l'Est et de l'Ouest, avec des œuvres à acquérir et un certificat d'authenticité. La villa, au 656 avenue Birago Diop, sert aussi de restaurant éthiopien et de lieu d'événements : vernissages, ateliers, cérémonies du café. Ouverture du mardi au dimanche, de 8h à 22h. Voir la page galerie.
Le contexte de l'époque
Le festival se tient six ans après l'indépendance du Sénégal et à un moment où de nombreux pays africains accèdent à la souveraineté. L'enjeu dépasse l'esthétique : il s'agit de dire, par les arts, que ces nouveaux États ont une culture à faire valoir, et que cette culture ne se résume pas à celle que les autres avaient écrite sur eux. Pour Senghor, la culture est un ciment de la nation et un moyen de dialoguer d'égal à égal avec le reste du monde.
Le soutien de l'UNESCO donne à l'événement une dimension internationale. Le festival ne se veut pas replié sur le continent : il fait dialoguer l'Afrique avec sa diaspora, et avec les autres cultures du monde qui s'y intéressent.
Pourquoi on en parle encore
Si l'on parle toujours de ce festival, c'est parce qu'il pose une question qui n'a pas vieilli : comment un continent se présente-t-il, avec quels mots, quelles images, quelles institutions ? Cette question traverse les débats actuels sur la restitution des œuvres, sur la place des artistes africains sur le marché de l'art et sur la manière d'exposer.
Le festival est aussi un souvenir partagé. Des artistes, des critiques et des familles de Dakar continuent de s'y référer comme à un moment où la ville a été, pour quelques semaines, le centre de la scène culturelle noire mondiale. Nous laissons à celles et ceux qui l'ont vécu, et aux historiens, le soin de raconter les détails.
Comment se renseigner davantage
Pour approfondir, plusieurs pistes générales :
- Les textes de Senghor sur la négritude et sur la civilisation de l'universel.
- Les publications de l'UNESCO consacrées au festival.
- Les catalogues et travaux d'histoire de l'art sur les arts africains au XXe siècle.
- Les visites de musées et de lieux d'art à Dakar, qui gardent la mémoire de cette période.
Ces sources permettent de vérifier et de compléter ce que résume cet article. Nous préférons renvoyer à elles plutôt que d'avancer des détails de programme que nous ne pouvons pas confirmer.
Du festival aux lieux d'art d'aujourd'hui
L'héritage du festival ne se trouve pas seulement dans les institutions. Il se lit dans de petits lieux : ateliers d'artistes, galeries de quartier, villas où l'on accroche des œuvres au salon. À chaque fois, c'est une manière de continuer l'idée de 1966 : donner aux artistes africains un endroit où être vus. Ces lieux sont aussi des espaces de rencontre entre publics de toutes origines, ce qui prolonge l'esprit d'ouverture voulu à l'époque.
Un visiteur de passage à Dakar, en mission ou en voyage, peut ainsi faire une petite « traversée » : un musée le matin, une galerie l'après-midi, un dîner dans un lieu où l'on peut parler de ce qu'on a vu. C'est ce que permet ge'eza à Point E, avec sa galerie, sa table éthiopienne et sa cérémonie du café.
Questions fréquentes
Quand a eu lieu le Festival mondial des arts nègres ?
En 1966, à Dakar, à l'initiative du président Léopold Sédar Senghor.
Qui a soutenu le festival ?
Il a été organisé par le Sénégal avec le soutien de l'UNESCO.
Quelles disciplines étaient présentes ?
Arts plastiques, littérature, musique, théâtre, danse et cinéma, entre autres.
Où voir de l'art africain contemporain à Dakar aujourd'hui ?
Dans les galeries et musées de la ville, dont la galerie de ge'eza à Point E.


