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Art · 28 septembre 2026

Panafricanisme et art contemporain : Est et Ouest en dialogue

Comment les artistes d'Afrique de l'Est et de l'Ouest dialoguent aujourd'hui, ce que le panafricanisme change à l'art contemporain, et comment la galerie ge'eza fait office de pont à Dakar.

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Le salon-galerie de ge'eza avec des œuvres accrochées aux murs

Le panafricanisme est l'idée que les peuples d'Afrique et de sa diaspora partagent une histoire et un avenir. Appliqué à l'art contemporain, il se traduit par un dialogue croissant entre artistes de régions différentes du continent : Afrique de l'Est, Afrique de l'Ouest et au-delà. À Dakar, la galerie de ge'eza, qui expose des artistes des deux régions, fait office de petit pont.

Du panafricanisme politique au dialogue artistique

Le panafricanisme est d'abord un mouvement politique et intellectuel, dont les grands repères sont la fondation de l'Organisation de l'unité africaine en 1963 à Addis-Abeba et, sur le plan culturel, le Festival mondial des arts nègres de 1966 à Dakar. Ces moments ont posé une idée simple : les arts africains forment un espace de dialogue, pas seulement une suite de scènes nationales.

Aujourd'hui, cette idée se vit surtout par les rencontres : résidences, biennales, expositions collectives, collaborations, circulation des œuvres.

Deux régions, des univers qui se répondent

Il serait faux de parler d'un style est-africain ou ouest-africain unique : chaque artiste a sa voie. On peut cependant observer que les contextes historiques, les matériaux, les traditions visuelles et les questions posées varient d'une région à l'autre, ce qui rend les rencontres fécondes.

  • En Afrique de l'Est, l'Éthiopie a une longue tradition d'image, d'écriture et de peinture, avec son propre alphabet, l'écriture guèze, et une histoire de l'art religieux.
  • En Afrique de l'Ouest, Dakar est depuis des décennies un lieu de création et de diffusion, avec des institutions et des événements dédiés.

Ces contextes ne s'opposent pas : ils se nourrissent mutuellement quand des œuvres et des artistes circulent.

Ce qui rend le dialogue possible aujourd'hui

Plusieurs facteurs facilitent ces rencontres : les réseaux sociaux, qui permettent de découvrir des artistes à distance, les biennales et foires, les résidences, et les lieux indépendants qui invitent des artistes d'autres pays. La Biennale de Dak'Art est l'un des grands rendez-vous où ces échanges se produisent à Dakar.

Mais l'essentiel se passe souvent dans de plus petits lieux : une galerie, un salon, une table, où l'on peut regarder une œuvre, en parler, rencontrer un artiste.

La galerie ge'eza comme pont

ge'eza a été fondé par Maraki Germa Bekele, éthiopienne. Dans la villa de Point E, au 656 avenue Birago Diop, la galerie expose des artistes d'Afrique de l'Est et de l'Ouest : peintures, sculptures, textiles. Les œuvres sont à acquérir, avec certificat d'authenticité et expédition possible.

Le lieu réunit aussi une table éthiopienne, une table sénégalaise du jour, un jardin et un salon. Le repas prolonge la visite : on regarde, on goûte, on parle. Nous ne publions pas ici de noms d'artistes, les accrochages changeant au fil de l'année ; le mieux est de passer voir ce qui est exposé ou de consulter la page galerie.

Acquérir une œuvre dans cet esprit

Acheter une œuvre d'un artiste d'une autre région du continent est une manière concrète de soutenir ce dialogue. Pour les collectionneurs comme pour les institutions, c'est aussi un moyen de diversifier un regard. Voir notre guide sur le cadeau diplomatique en art africain pour les questions pratiques : choix, certificat, expédition.

Vivre le dialogue sur place

La villa accueille vernissages, brunchs, ateliers, cérémonies du café et soirées, et se privatise pour des réceptions : voir événements. C'est une façon de rencontrer des personnes venues d'horizons différents autour d'un même sujet. Ouverture du mardi au dimanche, de 8h à 22h, fermé le lundi.

Ce que les artistes se disent, concrètement

Le dialogue entre régions n'est pas qu'une formule : il prend des formes très concrètes. Des artistes se répondent par les techniques (peinture, textile, sculpture, photographie), par les sujets (mémoire, migration, vie urbaine, spiritualité, environnement) et par les matériaux. Un motif graphique venu d'une tradition peut être repris dans une œuvre d'une autre région, sans que l'un copie l'autre : c'est une conversation, pas un emprunt.

Les critiques et commissaires jouent aussi un rôle de passeurs. En présentant côte à côte des œuvres de régions différentes, ils font apparaître des échos que le public n'aurait pas vus seul. C'est l'un des intérêts d'une exposition collective réunissant Est et Ouest.

Les obstacles, sans les cacher

Il serait trop simple de présenter ce dialogue comme acquis. Plusieurs difficultés demeurent :

  • La circulation des œuvres est coûteuse et complexe : transport, assurance, formalités douanières.
  • La visibilité reste inégale : certaines scènes sont mieux connues à l'étranger que d'autres sur le continent même.
  • Les langues varient (français, anglais, amharique, wolof et bien d'autres), ce qui complique la médiation.
  • Les moyens dont disposent les lieux indépendants sont souvent limités.

C'est précisément pour cela que les lieux qui prennent le temps d'accueillir et d'expliquer les œuvres comptent.

Comment un visiteur peut entrer dans ce dialogue

Vous n'avez pas besoin d'être spécialiste. Trois gestes simples suffisent :

  1. Regarder longtemps une œuvre, sans chercher tout de suite l'explication, puis lire le cartel ou poser une question à l'équipe.
  2. Comparer : si deux œuvres viennent de régions différentes, qu'est-ce qui les rapproche, qu'est-ce qui les distingue ?
  3. En parler autour d'une table. Une œuvre se comprend mieux quand on la commente à plusieurs.

À ge'eza, la visite de la galerie peut se prolonger par un repas ou une cérémonie du café d'environ 45 minutes. Les plats de jeûne éthiopiens sont entièrement vegans, le plat sénégalais du jour est servi du mardi au vendredi, et le tout se passe dans un salon-galerie où les œuvres restent sous les yeux.

Pour les collectionneurs et les institutions

Un collectionneur ou une institution qui souhaite constituer un ensemble cohérent peut s'intéresser au dialogue Est-Ouest comme fil conducteur. La galerie remet un certificat d'authenticité avec les œuvres à acquérir, et l'expédition est possible. Pour les questions pratiques, l'équipe répond par WhatsApp au +221 78 660 07 07.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le panafricanisme ?

C'est l'idée d'une solidarité et d'un destin commun entre les peuples d'Afrique et de sa diaspora, avec des expressions politiques, intellectuelles et culturelles.

Quels artistes expose ge'eza ?

Des artistes d'Afrique de l'Est et de l'Ouest. Les accrochages changent, il vaut mieux consulter la galerie ou demander à l'équipe.

Peut-on acheter les œuvres exposées ?

Oui, les œuvres sont à acquérir, avec certificat d'authenticité. L'expédition est possible.

Y a-t-il des vernissages ?

Oui, ge'eza organise des vernissages parmi ses événements. Suivez la page événements pour les informations à jour.

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