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Événement · 6 octobre 2026

Enkutatash, le Nouvel An éthiopien : fleurs, chants, café

Enkutatash, le Nouvel An éthiopien, tombe le 11 septembre (le 12 l'année qui précède une bissextile). Fleurs jaunes adey abeba, chants, repas de fête et café : sens de la fête et façon de la vivre à Dakar.

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Tasses retournées sur le rekebot sculpté

Enkutatash est le Nouvel An éthiopien. Il tombe le 11 septembre du calendrier grégorien, et le 12 septembre l'année qui précède une année bissextile. Il marque le premier jour de Meskerem, premier mois du calendrier éthiopien, à la fin de la saison des grandes pluies. On l'associe aux fleurs jaunes appelées adey abeba, aux chants d'enfants, aux repas de famille et au café. Voici le sens de cette fête et la façon de la vivre à Dakar.

Un calendrier à part

L'Éthiopie suit un calendrier propre, hérité de la tradition copte, qui compte douze mois de trente jours et un treizième mois très court de cinq ou six jours. Il accuse un retard de sept à huit ans sur le calendrier grégorien : en septembre 2026, le Nouvel An éthiopien ouvre l'année 2019. Notre article sur le calendrier éthiopien détaille ce décalage.

Le Nouvel An tombe donc le 1er Meskerem. Le 11 septembre, sauf avant une année bissextile où l'on bascule au 12, tient à la place du jour intercalaire dans ce calendrier.

Pourquoi « Enkutatash »

Le mot est souvent expliqué par une légende : la reine de Saba, de retour d'une visite au roi Salomon, aurait été accueillie à Axoum par ses chefs, qui lui auraient offert des bijoux, « enku » en amharique. D'où « enkutatash », que l'on traduit parfois par « le don des joyaux ». C'est une tradition racontée, plutôt qu'un fait historique établi, et elle fait partie du patrimoine d'histoires qui entourent la fête.

Une fête de fin de pluies

Enkutatash arrive quand les pluies de la saison humide se terminent. Les prairies reverdissent et les fleurs jaunes, adey abeba, couvrent les champs et les bords de route. Cette coïncidence donne à la fête son image : celle d'un renouveau, d'un temps nouveau après les mois de pluie.

À Dakar, l'hivernage s'achève à peu près à la même période. Ce parallèle de saisons est une jolie façon de rapprocher les deux pays, même si les climats et les calendriers diffèrent.

Ce qui se fait ce jour-là

Comme pour toute fête, les pratiques varient selon les familles et les régions. Quelques éléments reviennent souvent :

  • Les fleurs. Des bouquets de fleurs jaunes sont offerts et ornent les maisons.
  • Les chants. Des enfants passent de maison en maison en chantant pour souhaiter la bonne année.
  • Les vœux. On se souhaite une bonne année et la paix.
  • Le repas. Les familles se rassemblent autour d'un repas de fête, où le doro wot, le ragoût de poulet des grandes occasions, est très présent.
  • Le café. La cérémonie du café accompagne volontiers les visites.

Pour comprendre les autres grandes fêtes du pays, vous pouvez lire Meskel, la fête de la Croix et Genna et Timkat.

Vivre Enkutatash à Dakar

Pour les Éthiopiens installés à Dakar, la fête est un moment de retrouvailles. Pour les autres, c'est une occasion de goûter à la cuisine de fête et de comprendre la fête de l'intérieur. Ge'eza, restaurant éthiopien de Point E, fondé et dirigé par Maraki Germa Bekele, est un des lieux où cette culture se vit au quotidien.

La carte permet de composer un repas de fête :

  • Doro wot, poulet mijoté au beurre clarifié, servi avec un œuf dur : 8 000 F.
  • Beyaynetu, sept plats de jeûne vegans sur injera : 7 000 F pour une personne (il se commande aussi pour deux ou trois). Le Ye Fisig Beyaynetu, qui ajoute une sauce à la viande, est à 7 000, 10 000 ou 16 000 F.
  • Tej, vin de miel : 3 500 F, ou birz, eau de miel sans alcool : 2 000 F.
  • Cérémonie du café : 5 000 F par personne, environ 45 minutes en trois tours, Abol, Tona et Baraka, avec encens et pain dabo. Une réservation 24h à l'avance est préférable, surtout en groupe.

Si la maison prévoit un rendez-vous, il sera publié sur la page agenda.

Recevoir à l'éthiopienne

Si vous voulez marquer la fête chez vous ou avec des collègues, quelques gestes suffisent : un bouquet de fleurs jaunes, un repas partagé sur une grande assiette commune, et un café pris lentement. Le gursha, la bouchée que l'on offre de sa main à un convive, est un geste d'affection qui convient bien à ce jour.

Un mot sur l'année qui commence

Se souhaiter une bonne année en septembre peut surprendre, mais la logique est cohérente : le calendrier éthiopien commence avec la fin des pluies, pas avec l'hiver de l'hémisphère nord. En amharique, on dit simplement « bonne année » à ses proches, et l'on prolonge souvent la célébration pendant plusieurs jours.

Venir à Ge'eza

La maison est ouverte du mardi au dimanche, de 8h à 22h, au 656 avenue Birago Diop, Point E, fermée le lundi. Pour un repas de groupe, écrivez sur WhatsApp au +221 78 660 07 07.

Une fête qui se partage

Le Nouvel An éthiopien n'exige rien de compliqué : un repas, des proches, quelques fleurs, un café. C'est ce qui le rend facile à partager avec des amis d'autres origines. On vient pour comprendre un usage, on reste pour le plaisir d'une table où l'on se sert de la même assiette.

Questions fréquentes

Quand tombe Enkutatash ?

Le 11 septembre, et le 12 septembre l'année qui précède une année bissextile.

Que veut dire Enkutatash ?

Le nom est lié à une légende de la reine de Saba et des bijoux (« enku ») qui lui furent offerts. On le traduit souvent par « le don des joyaux ».

Quelles fleurs symbolisent la fête ?

Les fleurs jaunes appelées adey abeba, qui éclosent à la fin de la saison des pluies.

Quel plat associe-t-on à la fête ?

Le doro wot, ragoût de poulet des grandes occasions, souvent accompagné de la cérémonie du café.

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