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Guide · 6 octobre 2026

Lalibela et Aksoum : sites UNESCO d'Éthiopie, ce qu'ils racontent

Lalibela et ses églises taillées dans le roc, Aksoum et ses stèles : deux sites éthiopiens inscrits à l'UNESCO, ce qu'ils disent de l'histoire du pays, et pourquoi on en parle autour d'un café à Dakar.

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Une salle de la villa Ge'eza avec un tableau au mur

Lalibela et Aksoum sont deux des sites historiques les plus connus d'Éthiopie, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Lalibela, dans le nord du pays, est célèbre pour ses églises monolithes taillées dans le roc. Aksoum, plus au nord encore, fut la capitale d'un royaume antique, et on y voit encore des stèles monumentales. Ensemble, ils racontent une histoire chrétienne et écrite très ancienne, que l'on retrouve aujourd'hui dans la langue, la cuisine et le café.

Lalibela : des églises creusées dans la pierre

Lalibela abrite onze églises, creusées directement dans le roc volcanique : on ne les a pas construites en élevant des murs, mais en excavant la pierre depuis le haut, jusqu'à dégager des édifices entiers, avec leurs colonnes, leurs fenêtres et leurs toits. La tradition les attribue au roi Lalibela, de la dynastie zagwé, au XIIe ou XIIIe siècle, et l'on y voit l'ambition de créer une « nouvelle Jérusalem » pour des fidèles qui ne pouvaient plus faire le pèlerinage en Terre sainte.

L'une des plus connues, Bete Giyorgis, l'église Saint-Georges, a la forme d'une croix et s'enfonce dans une fosse. Les églises sont reliées par des tranchées et des passages souterrains. Elles restent des lieux de culte actifs : on y prie, on y chante, et les fêtes religieuses, comme Genna, le Noël éthiopien, y attirent des pèlerins. Lalibela fait partie des premiers sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, en 1978.

Aksoum : un royaume, une écriture, des stèles

Aksoum est d'une autre nature. C'est la cité qui a donné son nom à un royaume puissant de l'Antiquité, tourné vers le commerce, en relation avec le monde méditerranéen, la mer Rouge et l'océan Indien. Ce royaume a frappé sa propre monnaie, un fait notable pour l'époque, et il a développé une écriture, le ge'ez, ancêtre de l'alphabet que l'on utilise encore en Éthiopie. Voir l'alphabet guèze.

On y voit aujourd'hui des stèles monumentales en pierre, dressées dans un champ, dont certaines sont très hautes et sculptées pour évoquer des façades d'édifices. Elles sont généralement associées à des tombes. Le site, inscrit à l'UNESCO en 1980, comprend aussi des vestiges de palais et de tombes anciennes.

Aksoum a également un rôle central dans l'histoire religieuse du pays. L'Éthiopie fait partie des plus anciennes régions chrétiennes du monde, et la tradition situe à Aksoum cette adoption au IVe siècle. L'église Sainte-Marie-de-Sion y est un lieu de pèlerinage, et la tradition éthiopienne lui associe l'Arche d'alliance, ce qui relève de la foi et de la tradition, pas d'une vérification historique.

Ce qu'ils racontent de l'Éthiopie

Les deux sites ne datent pas de la même époque, mais ils disent ensemble quelques traits essentiels.

  • Une longue continuité. L'Éthiopie a une histoire d'État et d'écriture parmi les plus anciennes d'Afrique, qui explique en partie son attachement à ses traditions.
  • Une foi ancienne. Le christianisme orthodoxe éthiopien structure encore le calendrier, les fêtes, et la cuisine : les plats de jeûne, vegans, en sont l'héritage direct. Voir plats de jeûne éthiopiens.
  • Une capacité à bâtir avec peu. La pierre taillée à Lalibela et les stèles d'Aksoum témoignent d'un savoir-faire de bâtisseurs et d'une vision.
  • Une ouverture au monde. Le commerce d'Aksoum, les pèlerinages, les échanges avec d'autres régions : l'Éthiopie n'a jamais été isolée.

Il faut aussi rester prudent : une grande partie de ce que l'on raconte sur ces sites repose sur des traditions, et les historiens discutent de plusieurs points, comme les dates précises. Quand une affirmation est une légende, il vaut mieux le dire.

Pourquoi en parler à Dakar, autour d'un café

On peut se demander ce que Lalibela et Aksoum font dans l'actualité d'une maison de Point E. La réponse tient en deux idées.

La première est que l'on découvre un pays par ses lieux autant que par sa cuisine. Ge'eza veut être un hub entre les civilisations éthiopienne et sénégalaise, « un pont entre deux Afriques ». Pour les visiteurs qui n'ont jamais voyagé en Éthiopie, parler de Lalibela ou d'Aksoum donne du relief à ce qu'ils goûtent : l'injera, le café, le calendrier, les fêtes.

La seconde est que beaucoup de voyageurs ont envie de s'y rendre. Une conversation sur un itinéraire dans le nord de l'Éthiopie commence souvent autour d'une table, avec un café. Lalibela et Aksoum figurent parmi les étapes les plus souvent citées.

Du site à la tasse

Le lien avec ce que l'on sert à Ge'eza est plus direct qu'on ne le croit.

  • Le café. Sa légende fait naître le café en Éthiopie, et la cérémonie fait de sa préparation un rituel d'hospitalité. Voir origine du café en Éthiopie.
  • L'injera et le jeûne. Les plats de jeûne, comme le Shiro ou le Misir, s'inscrivent dans la tradition orthodoxe qui a aussi bâti les églises de Lalibela.
  • L'écriture. Les noms en amharique de la carte, comme « በያይነቱ » pour beyaynetu, s'écrivent dans l'alphabet descendant de celui d'Aksoum.
  • Le nom de la maison. « Ge'eza » signifie « maison » en ge'ez, la langue ancienne d'Aksoum.

Prolonger la découverte à Ge'eza

La maison est ouverte du mardi au dimanche, de 8h à 22h, au 656 avenue Birago Diop, à Point E. On peut y déjeuner éthiopien : le beyaynetu à partir de 7 000 F pour une personne, les plats de viande préparés au kibbeh, le macchiato à 2 500 F ou la cérémonie du café à 5 000 F par personne, environ 45 minutes. La cérémonie se réserve idéalement 24h à l'avance, surtout en groupe. Vous pouvez réserver en ligne ou écrire sur WhatsApp au +221 78 660 07 07.

Questions fréquentes

Où se trouvent Lalibela et Aksoum ?

Dans le nord de l'Éthiopie. Lalibela est connue pour ses églises taillées dans le roc, Aksoum pour ses stèles et son passé de royaume antique.

Sont-ils inscrits à l'UNESCO ?

Oui, tous deux : Lalibela en 1978 et Aksoum en 1980.

Peut-on visiter Lalibela et Aksoum toute l'année ?

Les églises de Lalibela sont des lieux de culte actifs. Renseignez-vous auprès d'un organisateur de voyage sur les périodes et les conditions de visite.

Y a-t-il un rapport entre Aksoum et le nom Ge'eza ?

Oui. Le ge'ez est la langue ancienne associée au royaume d'Aksoum, et « Ge'eza » signifie « maison » en ge'ez.

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