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Art · 6 octobre 2026

Art contemporain soudanais : École de Khartoum et création en exil

L'art moderne soudanais naît de l'École de Khartoum, avec Ibrahim El-Salahi pour figure majeure. Repères sur cette histoire, sur la création loin du pays, et sur l'édition Soudan montrée chez Ge'eza à Dakar.

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Un mur d'œuvres dans la galerie de Ge'eza

L'art moderne et contemporain soudanais s'est construit autour de l'École de Khartoum, un mouvement apparu au milieu du XXe siècle qui a cherché à marier les formes africaines, l'héritage arabo-islamique et les langages de la modernité. Son nom le plus connu à l'international est Ibrahim El-Salahi. Aujourd'hui, une partie de la création soudanaise se poursuit loin du pays. À Dakar, Ge'eza a consacré une édition de « Un pays à l'honneur » au Soudan, avec des œuvres d'Israa Hamad et de Yasmeen Abdalah.

L'École de Khartoum

Dans les années 1950 et 1960, à Khartoum, un groupe d'artistes formés à l'école d'art de la ville et, pour certains, à l'étranger, cherche une voie qui ne soit ni la copie de l'Europe, ni la répétition d'un folklore. Ils puisent dans la calligraphie arabe, dans les motifs africains et dans l'histoire du Nil. Le résultat, que l'on appelle l'École de Khartoum, est devenu l'un des courants majeurs de l'art moderne en Afrique et dans le monde arabe.

Ce mouvement n'est pas un style unique. Il rassemble des artistes aux manières très différentes, qui partagent une même ambition : inventer un vocabulaire visuel soudanais, ancré dans le pays et capable de dialoguer avec le monde. La lettre arabe y devient forme, trait, rythme, au même titre que la figure ou la couleur.

Ibrahim El-Salahi

Ibrahim El-Salahi, né en 1930 à Omdurman, est l'une des figures les plus citées de ce courant. Son œuvre mêle écriture arabe, formes inspirées de l'Afrique et dessin à l'encre d'une grande précision. Une rétrospective lui a été consacrée à la Tate Modern, à Londres, en 2013, ce qui a beaucoup contribué à sa reconnaissance en dehors du Soudan. Nous restons volontairement général sur le reste de son parcours : ceux qui veulent le détail trouveront des monographies et des catalogues d'exposition dédiés.

D'autres noms reviennent souvent quand on évoque cette génération, dont ceux d'Ahmed Shibrain et de Kamala Ibrahim Ishaq. Cet article ne prétend pas faire le tour de la question, seulement donner des points d'entrée.

Créer loin du pays

Beaucoup de Soudanais vivent et travaillent aujourd'hui loin de leur pays, et une part de la création contemporaine se fait donc en exil ou en diaspora, au Moyen-Orient, en Europe, en Amérique du Nord et dans d'autres pays d'Afrique. Pour les artistes, cela veut dire un rapport particulier à la mémoire, aux lieux et au lien. Pour les publics, cela veut dire qu'il faut parfois chercher les œuvres dans des endroits inattendus : un salon, un café, une galerie de quartier.

Nous ne ferons pas ici de commentaire politique. Notre rôle est de regarder les œuvres, de les montrer, et de laisser les artistes parler à travers elles.

L'édition Soudan chez Ge'eza

« Un pays à l'honneur : le Soudan » est la deuxième édition du format qui invite une culture du continent à Point E. Les œuvres d'Israa Hamad et de Yasmeen Abdalah y ont été présentées. Le dernier temps fort a eu lieu le samedi 3 octobre 2026, de 11h à 21h : un brunch en musique live avec Mildah, un petit marché d'artisans, et une entrée à 2 000 FCFA.

Pour en savoir plus sur leur travail, l'équipe de la galerie répond volontiers. Le mieux, pour les connaître, est de s'adresser à l'équipe de la galerie. Pour comprendre ce qu'est ce format et d'où il vient, lisez le premier article de la série, Un pays à l'honneur.

Pourquoi montrer le Soudan à Dakar

Dakar et Khartoum sont deux villes d'Afrique qui se connaissent peu, séparées par un continent. Réunir des œuvres soudanaises dans une galerie sénégalaise, c'est élargir le champ des références. C'est aussi ce que promet un lieu qui se veut un pont entre deux Afriques : faire circuler les regards d'Est en Ouest, et pas seulement entre l'Éthiopie et le Sénégal. Un brunch avec de la musique et un marché d'artisans font le reste : l'art se partage mieux quand on peut s'asseoir.

Regarder une œuvre soudanaise

Quelques conseils simples pour une première rencontre. Cherchez les lignes : calligraphie, géométrie, rythmes répétés. Observez les couleurs : terres, bleus, ocres, mais surtout la manière dont elles s'agencent. Demandez-vous ce que le titre ajoute. Et posez des questions à l'équipe, qui peut vous aider à situer les œuvres. Pour comparer avec un autre pays voisin dans la même veine, vous pouvez lire l'article sur l'art contemporain éthiopien.

Et si vous voulez acheter

Les œuvres exposées à la galerie sont à acquérir, avec un prix communiqué sur demande. Chaque œuvre vendue part avec un certificat d'authenticité signé de l'artiste. Le paiement se fait par Wave, Orange Money, carte bancaire ou sur place, et l'œuvre peut être retirée à Point E ou expédiée hors de Dakar sur devis. Pour les informations sur une pièce précise, passez à la galerie ou écrivez sur WhatsApp au +221 78 660 07 07.

Une note sur les sources

L'histoire de l'art soudanais est riche et mérite des lectures spécialisées. Pour aller plus loin, les catalogues d'exposition, les monographies d'artistes et les programmes des musées qui ont consacré des expositions à l'École de Khartoum sont les meilleures sources.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'École de Khartoum ?

Un mouvement d'art moderne apparu au Soudan au milieu du XXe siècle, qui associe formes africaines, calligraphie arabe et héritage islamique dans un langage visuel nouveau.

Qui est Ibrahim El-Salahi ?

Un artiste soudanais né en 1930, figure majeure de l'École de Khartoum, auquel la Tate Modern a consacré une rétrospective en 2013.

Quels artistes soudanais ont été montrés chez Ge'eza ?

Israa Hamad et Yasmeen Abdalah, dans l'édition Soudan d'« Un pays à l'honneur ».

Une nouvelle exposition soudanaise est-elle prévue ?

Les dates sont publiées sur la page des événements dès qu'elles sont confirmées. Les annonces sont publiées sur la page des événements.

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