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Dakar · 28 septembre 2026

Addis-Abeba et Dakar : deux capitales qui se répondent

Addis-Abeba, siège de l'Union africaine, et Dakar, carrefour de l'Afrique de l'Ouest : deux capitales aux rôles différents qui se répondent, et ce que ge'eza en fait à table.

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Maraki Germa Bekele dans le salon de la villa ge'eza à Point E

Addis-Abeba et Dakar sont deux capitales africaines aux rôles différents mais complémentaires : Addis-Abeba accueille le siège de l'Union africaine et de nombreuses représentations diplomatiques, tandis que Dakar est un carrefour atlantique de l'Afrique de l'Ouest, connu pour sa scène culturelle et ses institutions internationales. Entre elles, un dialogue s'est noué au fil des décennies, que ge'eza prolonge à table.

Addis-Abeba, la capitale diplomatique

Addis-Abeba est la capitale de l'Éthiopie. Elle accueille le siège de l'Union africaine, héritière de l'Organisation de l'unité africaine fondée dans la ville en 1963. C'est le lieu où se tiennent les grands sommets du continent et où de nombreux pays entretiennent une représentation permanente. On l'appelle souvent la capitale diplomatique de l'Afrique.

Elle est aussi la capitale d'un pays à l'histoire longue, doté de sa propre écriture, de son propre calendrier et de sa propre tradition du café, évoqués dans nos articles sur l'alphabet guèze et le calendrier éthiopien.

Dakar, le carrefour ouest-africain

Dakar occupe le bout de la presqu'île du Cap-Vert, à l'extrême ouest du continent. Ville portuaire, ville d'échanges, elle a longtemps été un lieu de passage entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques. Elle accueille des ambassades, des organisations internationales et une scène artistique reconnue, avec des rendez-vous comme la Biennale de Dak'Art et le souvenir du Festival mondial des arts nègres.

Deux capitales, deux fonctions

Pour faire simple :

  • Addis-Abeba fonctionne comme une capitale d'institutions continentales, où se prennent des décisions communes.
  • Dakar fonctionne comme une capitale de cultures et d'échanges, où l'on présente, expose et fait dialoguer.

Ces deux fonctions se complètent. Les grandes orientations discutées à Addis-Abeba ne vivent que si les sociétés s'en emparent, et c'est en partie le rôle de la culture, des arts et de la table.

Un dialogue ancien

Les deux villes se sont rencontrées à plusieurs moments de l'histoire panafricaine, résumés dans notre article sur les liens historiques entre l'Éthiopie et le Sénégal. Ce qui compte aujourd'hui, c'est la continuité : des diplomates, étudiants, artistes et cuisiniers font le trajet, et des lieux permettent à ces échanges de prendre forme.

Ce que ge'eza en fait à table

ge'eza, au 656 avenue Birago Diop à Point E, met ce dialogue en pratique de manière très simple. La maison sert de la cuisine éthiopienne, préparée avec des produits sourcés à Dakar, et du mardi au vendredi, un plat sénégalais du jour : mafé le mardi, thiéboudienne le mercredi, supou kanja le jeudi, poulet yassa le vendredi. Le gomen provient de Growing Life Farm, une ferme dirigée par des femmes à Dakar. Le birz est fait avec du miel sénégalais.

Deux cuisines, deux villes, un repas : c'est une façon simple de faire de la diplomatie sans en avoir l'air. Le petit-déjeuner éthiopien, de 8h à 11h, propose du foul, du chechebsa ou du genfo. Le reste de la journée, la carte s'organise autour de l'injera, des plats de jeûne vegans, du doro wot et des tibs.

Un cadre pour les rencontres

La maison est aussi une galerie, avec des artistes d'Afrique de l'Est et de l'Ouest, et un lieu d'événements : vernissages, brunchs, ateliers, cérémonies du café, soirées. Elle se privatise pour des déjeuners, dîners et réceptions : voir la page espaces. Pour une rencontre entre partenaires venus des deux régions, c'est un cadre naturel.

Y aller

La maison est ouverte du mardi au dimanche, de 8h à 22h, fermée le lundi. Téléphone et WhatsApp : +221 78 660 07 07. Vous pouvez réserver en ligne.

Ce que ces deux villes apprennent l'une de l'autre

Une capitale d'institutions apprend de la culture vivante d'une ville d'échanges, et inversement. À Addis-Abeba, la vie diplomatique est rythmée par les sommets, les délégations et les agendas serrés. À Dakar, l'expérience quotidienne de la ville passe par la rue, le marché, la plage, les ateliers d'artistes, les repas pris en commun. Un diplomate éthiopien en poste à Dakar et un artiste sénégalais de passage à Addis-Abeba font la même découverte : l'autre pays ne se comprend pas seulement dans les textes, il se comprend en y vivant.

Cette circulation est précieuse pour les organisations internationales, qui envoient des équipes d'une ville à l'autre. Un nouvel arrivant à Dakar cherche des repères : un quartier calme, une table de confiance, un lieu où l'on peut recevoir un invité sans cérémonie excessive. Un nouvel arrivant à Addis-Abeba cherche la même chose. Les lieux qui font le pont entre les deux cultures répondent à ce besoin très concret.

Ce qu'ils ont en commun

Malgré la distance, plusieurs traits rapprochent les deux villes, sans qu'il faille forcer la comparaison :

  • Une tradition d'accueil forte. La teranga sénégalaise et l'hospitalité éthiopienne accordent toutes deux une grande importance au fait de recevoir, de partager un repas et de ne pas laisser un visiteur repartir sans avoir mangé.
  • Une table collective. Au Sénégal comme en Éthiopie, on mange souvent à un plat commun. Le geste change (la cuillère ou la main pour l'un, l'injera pour l'autre), l'esprit reste le même.
  • Une fierté culturelle. Chaque pays met en avant son histoire, sa langue, sa musique et sa cuisine, et en fait un langage vers l'extérieur.
  • Une place dans la conversation africaine. Les deux capitales sont des lieux où se parle de l'avenir du continent.

Un exemple de programme qui relie les deux villes

Pour une équipe qui connaît Addis-Abeba et découvre Dakar, ou l'inverse, une journée à Point E peut suivre un fil simple. On commence par un petit-déjeuner éthiopien, de 8h à 11h : foul, chechebsa, genfo ou enqulal tibs, avec un macchiato éthiopien. On visite ensuite la galerie, où les œuvres viennent d'Afrique de l'Est et de l'Ouest. Le déjeuner, du mardi au vendredi, peut être le plat sénégalais du jour, ou un beyaynetu pour partager. La journée se clôt sur une cérémonie du café, d'environ 45 minutes, servie en trois tours : Abol, Tona, Baraka.

Un tel programme n'a rien d'un discours : c'est de la conversation, par les objets, les saveurs et les gestes. C'est souvent plus efficace pour créer un lien que dix présentations.

Questions fréquentes

Où est le siège de l'Union africaine ?

À Addis-Abeba, en Éthiopie.

Pourquoi compare-t-on Addis-Abeba et Dakar ?

Parce qu'elles jouent des rôles différents : Addis-Abeba est une capitale d'institutions continentales, Dakar un carrefour culturel et d'échanges en Afrique de l'Ouest.

Peut-on goûter à la fois à la cuisine éthiopienne et sénégalaise à Dakar ?

Oui, à ge'eza : cuisine éthiopienne toute la semaine d'ouverture, plat sénégalais du jour du mardi au vendredi le midi.

ge'eza est-il ouvert le lundi ?

Non, la maison est fermée le lundi et ouverte du mardi au dimanche, de 8h à 22h.

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