Art · 6 octobre 2026
Art contemporain capverdien : scène, diaspora et Olio à Dakar
La scène créative capverdienne repose sur un archipel, une diaspora et une musique, la morna, inscrite à l'UNESCO en 2019. Panorama, avec Olio, artiste d'origine capverdienne exposé à Dakar chez Ge'eza.

L'art contemporain capverdien est celui d'un petit archipel de l'Atlantique, indépendant depuis 1975, dont la création est nourrie par le métissage, le voyage et une diaspora très présente à l'étranger. La musique en est la vitrine la plus connue, avec la morna, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2019 et portée dans le monde par Cesária Évora. Du 21 au 30 août 2026, Ge'eza a montré à Dakar les œuvres d'Olio, artiste plasticien d'origine capverdienne.
Un archipel à quelques centaines de kilomètres de Dakar
Le Cap-Vert est un groupe d'îles volcaniques situé dans l'Atlantique, au large de la côte ouest-africaine, en face du Sénégal. Inhabité à l'arrivée des navigateurs portugais au XVe siècle, il s'est peuplé d'Africains de la côte et d'Européens, et a développé sa propre langue, le kriolu, à côté du portugais, langue officielle. Cette histoire de rencontres explique beaucoup de choses : un goût marqué pour le mélange, une culture de l'exil et du retour, et une identité qui se dit volontiers « entre deux rives ».
La proximité géographique avec Dakar est réelle, et les échanges entre le Sénégal et le Cap-Vert sont anciens. Pourtant, la scène artistique capverdienne reste peu connue du public dakarois, ce qui explique en partie l'intérêt d'une soirée ou d'une exposition qui la rend visible.
La morna, un patrimoine mondial
Quand on parle de culture capverdienne, la morna vient en premier. Ce chant mélancolique, souvent en kriolu, parle de nostalgie, d'amour et de départ. L'UNESCO l'a inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2019. Cesária Évora, la « diva aux pieds nus », l'a fait entendre sur les scènes du monde entier, et son nom reste associé à l'archipel pour des millions d'auditeurs.
La musique ne se sépare pas des arts visuels : mêmes thèmes de la distance et du lien, même usage du métissage, même présence des îles dans l'imaginaire. Beaucoup d'artistes plasticiens capverdiens travaillent avec ces motifs, qu'ils vivent sur l'archipel ou ailleurs.
Une création qui voyage
Une grande partie de la création capverdienne se fait hors de l'archipel. La diaspora, installée notamment au Portugal, en France, aux États-Unis et dans d'autres pays d'Afrique, est souvent décrite comme au moins aussi nombreuse que la population résidente. Pour un artiste, cela signifie deux choses : une identité forgée par le déplacement, et un public dispersé. Les galeries, les festivals et les rencontres entre pays prennent alors une importance particulière, parce qu'ils permettent de se retrouver autour des œuvres.
La littérature en donne un bon repère. Dans les années 1930, la revue Claridade a marqué la recherche d'une voix capverdienne propre, entre l'Afrique et l'Europe. Les arts plastiques d'aujourd'hui s'inscrivent dans le prolongement de cette quête, avec des moyens très divers : peinture, dessin, photographie, installation, textile.
Olio à Ge'eza
Olio est un artiste plasticien d'origine capverdienne. Ses œuvres ont été présentées à Ge'eza du 21 au 30 août 2026, dans « Un pays à l'honneur : Cap-Vert », première édition d'un format qui invite une culture du continent pendant plusieurs jours. Nous ne détaillerons pas ici son parcours : vous trouverez sa présentation sur sa fiche artiste, et le plus simple est de demander à l'équipe de la galerie les œuvres encore disponibles.
L'événement mêlait plusieurs registres. Le vernissage a eu lieu le vendredi 21 août, de 17h à 19h, en entrée libre, suivi d'un DJ set avec Gee Bayss de 19h à minuit (2 000 FCFA). Le dimanche 30 août, un brunch avec musique live a fait goûter les saveurs du Cap-Vert, dont le barbecue, la cachupa et la feijoada, avec un petit marché artisanal (2 000 FCFA). La cachupa, ragoût de maïs et de haricots, est le plat emblématique de l'archipel.
Pourquoi montrer le Cap-Vert à Dakar
L'idée est simple : faire se rencontrer des cultures voisines qui se connaissent peu. Dakar a l'habitude de recevoir des artistes de toute l'Afrique, mais un lieu comme Ge'eza, qui assume son rôle de pont entre l'Éthiopie et le Sénégal, peut aussi servir de salon à d'autres pays. Le format « Un pays à l'honneur » repose sur cette logique : une exposition, de la musique, de la cuisine et un marché, pour que l'on découvre un pays par plusieurs portes à la fois. Le rôle de la galerie est de recevoir, pas d'expliquer à la place des artistes.
Comment suivre la scène capverdienne
Si vous voulez aller plus loin, plusieurs pistes existent. Écouter de la morna et de la coladeira, lire des auteurs capverdiens, regarder les programmes des biennales et festivals d'Afrique de l'Ouest, et rester attentif aux événements des lieux dakarois. Les prochains rendez-vous sont publiés sur la page des événements de la maison.
Venir voir la galerie
La maison est ouverte du mardi au dimanche, de 8h à 22h, au 656 avenue Birago Diop, à Point E. La galerie se visite librement, avec ou sans repas. Pour un déjeuner ou un dîner, réservez en ligne sur la page réserver.
Trois façons d'entrer dans la culture capverdienne
Pour un premier contact, on peut commencer par l'écoute : un album de morna, puis de coladeira, plus rythmée, suffit à saisir deux humeurs de l'archipel. On peut ensuite passer à la table, avec la cachupa, qui se mange lentement et se partage. On peut enfin regarder des œuvres, en gardant à l'esprit que beaucoup d'artistes capverdiens travaillent entre plusieurs pays. Ces trois portes ouvrent sur la même chose : une culture de la nostalgie et de la fête, qui ne sépare pas la douceur de l'énergie.
Questions fréquentes
La morna est-elle reconnue par l'UNESCO ?
Oui, elle a été inscrite en 2019 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Qui est Olio ?
Un artiste plasticien d'origine capverdienne, dont les œuvres ont été présentées à Ge'eza du 21 au 30 août 2026. Sa fiche est disponible sur le site.
Qu'est-ce que la cachupa ?
Un ragoût traditionnel à base de maïs et de haricots, considéré comme le plat emblématique du Cap-Vert. Elle figurait au brunch du 30 août.
Y a-t-il une nouvelle exposition capverdienne prévue ?
Les dates sont publiées sur la page des événements dès qu'elles sont confirmées. Consultez la page des événements pour les annonces.


